Juliette Rens

Après une adolescence calme, plongée dans la poésie romantique française et le catholicisme, Juliette découvre avec stupeur puis émerveillement :

– l’omniprésente prospérité du vice,

– l’inanité des règles morales lui prescrivant de passer les dimanches dans l’atelier de macramé de sa grande-tante,

– l’existence de Ionesco, celle de Beckett, de Romain Gary,

– de Roméo.

Juliette est morte, vive Juliette. Tout n’est que « superfun » et « top délire » jusqu’au jour où, au hasard des allées d’un cimetière où l’insoutenable splendeur glacée du soleil de décembre fait s’étirer les ombres fantastiques et équivoques des stèles, son regard s’arrête, épouvanté, sur le nom tragiquement gravé sur l’une des tombes : c’est le sien. omg lol ! « Une homonymie qui fait sens ? » s’interroge-t-elle, déjà habituée à la manière de formuler les problématiques qui est d’usage et même de rigueur à la fac de lettres. « (s’)écrire : un jeu du je, ou le jeu du je ? » sera son sujet de recherche. Elle se met à écrire du théâtre. En toute logique, L’enterrement de Madame Rose n’aura pas plus lieu que le sien. Enfin la représentation, si, mais l’enterrement, pas vraiment. Enfin quelque part, si. En fait on ne sait pas trop, et puis, on s’en fiche.


Juliette est l’auteure de la pièce L’Enterrement de Madame Rose.

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